Mario Andresol : « Le recrutement de l’armée est une affreuse grimace»

L’ancien directeur général, Mario Andresol, n’avait jusqu’ici piper mot au sujet des recrutements pour l’armée d’Haïti qu’ont lancé lundi 17 juillet le ministre de la justice Herve Denis. Pour l’ancien candidat à la présidence, la décision de recruter des jeunes pour remobiliser l’armée qui, selon les propos du ministre Denis, « servira au développement du pays », est une affreuse grimace faite à la société.

Mario Andresol, personnalité politique mais aussi de la mode, n’a pas la mémoire courte. Il n’a pas oublié les antécédents politiques et le contexte tumultueux qui ont vu naître la Police Nationale d’Haïti dans les années 90.  «Ce recrutement pour la remobilisation de l’armée, tout comme celui lancé en 1995 pour la création de la police, n’est qu’une affreuse grimace faite à la société, un faux pas qui, s’il n’est pas corrigé, ne présage rien de bon pour l’avenir de la République », a-t-il posté sur son compte facebook.

L’ancien de l’Académie Militaire en Haïti (1982-1984), cet ancien responsable de la circulation et de l’antigang, celui qui connait comme pas un les rouages de cette grande institution policière démobilisée par l’ex chef d’État Jean Bertrand Aristide, déclarait hier mercredi que « Le problème, au fond, n’est ni la police ni l’armée en elles-mêmes, c’est plutôt ce que nous faisons de ces institutions après les avoir créées ou remobilisées. Le problème, c’est comment s’y prendre pour finir avec ce système pourri, corrompu et corrupteur, générateur de crimes et d’impunités. En 1995, la police fut créée pour remplacer l’armée. Et depuis, la plupart de nos dirigeants ont toujours manifesté une volonté politique en vue d’en assumer le contrôle. Les résultats sont là. Un échec à gérer, un boulet de plus au pied de la république. L’armée, jusqu’à en 1995, n’était pas mieux lotie. L’ambition démesurée, le manque de vison et la cupidité aveugle de certains de ses chefs de l’époque ont conduit à sa démobilisation », a laissé Mario Andresol.

« Il nous faut une nouvelle société, un nouveau type de citoyen pour de nouvelles institutions, poursuit-il. Dans cette optique, lancer le processus de remobilisation de l’armée dans ce contexte de crise socio-économique aigüe en commençant par le recrutement des hommes de troupes, est plus qu’inquiétant ».

 

Source LOOP HAITI.

 

Reynaldo Tocky MIRAULT

Please follow and like us:
0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *